Mercredi 18

SALLE DE L’ORATOIRE, 6 Bis Rue Albert 1er, 17000 La Rochelle

8H30 – Accueil des congressistes

9H – Séance inaugurale – Discours institutionnels

Claude-Olivier DORON

10H45 – Généalogie de la « santé mentale ». Émergence et définitions d’une psychopolitique. Conférence d’ouverture – Claude-Olivier DORON, Maître de conférences en Histoire et Philosophie des sciences, Université Paris Cité-SPHERE/IHSS.

« L’objectif de cette intervention est double. Elle visera, d’une part, à revenir sur les débats actuels portant sur la définition et le sens des dispositifs de « santé mentale » et s’interrogera sur leurs fonctions sociales. On tentera, en particulier, de préciser les liens qu’on établit parfois entre « santé mentalisme » et « néo-libéralisme », et de distinguer ce qui, dans les dispositifs dits de « santé mentale », mérite, de notre point de vue, d’être défendu ou, au contraire, critiqué. Mais le cœur de notre intervention consistera surtout à revenir sur l’histoire de ces dispositifs pour en dévoiler un certain nombre de principes sous-jacents. Nous tenterons de cerner les spécificités du moment où les acteurs de la psychiatrie et de la psychologie ont pris comme référentiel central de leurs pratiques non plus la maladie mentale, ni même l’hygiène et la prophylaxie des troubles mentaux, mais bien la santé mentale des individus. Ce moment est relativement facile à identifier et on peut le localiser dans les années 1940-1960 dans les pays anglo-saxons et les organisations internationales, même si, en France, il est plus tardif. On essayera donc de caractériser précisément ce que recouvre, dans cette période, la notion de « santé mentale » et les principes qui guident l’orientation des politiques publiques visant à sa promotion et sa préservation. Nous montrerons, en particulier, que l’un de ses traits fondamentaux est de définir une psychopolitique qui s’intéresse moins à la transformation effective des conditions d’existence et aux contradictions économiques et politiques entre les groupes sociaux, qu’à leurs effets subjectifs sur le développement psychique des individus, et qui tente de résoudre ces tensions induites au niveau intrapsychique ou en intervenant sur les relations intersubjectives, pensées sur le mode des ‘relations humaines’. Dans le contexte bien particulier des années 1940-1960, cette psychopolitique a, bien évidemment, des significations politiques : elle conduit à traduire les conflits sociaux en conflits intrapsychiques ou intersubjectifs, et à définir des techniques d’intervention pour les gérer à ces seuls niveaux. On comprendra mieux, ce faisant, ce qui a pu faire son attractivité dans les dernières décennies. »

PAUSE DÉJEUNER

Hélène ROMANO

13H30 – Reconnaissance de la santé mentale des élèves et des professionnels : enjeux psychiques et institutionnels. Conférence à distance d’Hélène ROMANO, Docteur en psychopathologie clinique-HDR, Docteur en droit privé et sciences criminelles, Psychothérapeute. https://www.helene-romano.fr/. Podcast Parenthème https://smartlink.ausha.co/parentheme

« La santé mentale au sein des établissements scolaires est devenue depuis quelques années (en particulier depuis la pandémie de Covid-19) une donnée reconnue par les autorités. Elle reste cependant difficile à bien comprendre, tout comme les manifestations des souffrances en santé mentale restent peu repérées et insuffisamment prises en charge. Notre communication propose d’envisager une compréhension systémique de ce que représente la santé mentale en milieu scolaire (tant du côté des élèves, des professionnels que des parents). Dans un contexte où les confusions sont innombrables et où la tendance à la psychiatrisation est systématique dès qu’un événement vient déstabiliser un établissement scolaire*, il nous semble indispensable de comprendre les dimensions cliniques à l’œuvre et leurs incidences intrapsychiques, intersubjectives et groupales.

(* Pour exemple le déclenchement des « cellules d’écoute » au même niveau lorsqu’il y a un événement traumatique au sein de l’établissement ou un deuil survenu à l’extérieur). »

Le protocole de santé mentale-Table ronde

14H45 – Table ronde – Le protocole de santé mentale : une opportunité pour réinterroger nos pratiques collectives, le rôle de l’école et ses limites. Avec la participation de Brigitte Moltrecht, Médecin conseillère technique nationale à la DGESCO.

Hélène DENIS

16H30 – Le refus scolaire anxieux : actualités, traitement et recherche. Conférence d’Hélène DENIS, Pédopsychiatre, responsable de l’unité pour Refus Scolaire Anxieux au CHU de Montpellier.

« Le refus scolaire anxieux (RSA) anciennement appelé « phobie scolaire » appartient au spectre des troubles anxieux. Il concerne souvent des adolescents, qui malgré un désir et un réel potentiel scolaire, se retrouvent dans l’incapacité de surmonter une angoisse excessive face à l’école. Il en résulte un absentéisme scolaire, avec des répercussions académiques, sociales et professionnelles, ainsi qu’une souffrance intense pour les jeunes et leur entourage. Le diagnostic non individualisé dans les classifications internationales est réalisé à l’aide des critères décrits par Berg et al.  En l’absence de recommandation et d’une prise en charge actuelle insatisfaisante de ces formes sévères, un consensus existe sur la nécessité d’une intervention rapide, active et intensive. Alors que la thérapie cognitive et comportementale (TCC) a montré son efficacité dans le traitement des troubles anxieux, les études sur le RSA manquent. Un programme de TCC a été développé au CHU de Montpellier et est utilisé avec succès. »

  • 100 questions/réponses sur la phobie scolaire, E CARON, H DENIS. Editions Ellipses
  • Traiter les troubles anxieux chez l’enfant et l’adolescent, du diagnostic à la prise en charge 2è édition. H DENIS . Editions DUNOD
  • ZAP, manuel de TCC. H DENIS Editions UMEO
  • Comprendre et soigner le refus scolaire anxieux. M GALLE TESSONNEAU, L DAHERON. Edition DUNOD

18H – Réunion des organisations syndicales